Comme souvent je me suis réveillé à 4 h dans la nuit.
A cette heure-là, la fraîcheur me parcourt le corps et le froid me réveille.
Je me suis endormi avec une certaine tristesse et je me suis réveillé avec cette idée du jardin des ombres. La sensation d’être passé de l’autre côté. Ce n’est pas un côté obscur et maléfique. C’est la solitude de ne plus exister, de faire partie du passé. On a encore la conscience du présent. On a des doutes sur ce que l’avenir nous réserve. On sent que la vie est toujours dans notre corps et qu’il faut continuer à lutter pour ne pas sombrer. Mais on est envahi par la tristesse qui s’est installée au fond de notre âme. La terrible absence de ceux que l’on aime, ne pas pouvoir les regarder, les écouter, les toucher. Les sentir, là, dans les battements de notre cœur et s’enfoncer dans le vide de leur absence.
Quand on a dépassé un certain âge, on regarde les gens autrement. On a vécu et on devine les destinées à travers les caractères que l’on croise sur notre chemin. La plupart des gens ont une vie motivée par des choses simples sans se poser trop de questions.